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contact Cie Rachid Ouramdane
Frédéric Pérouchine
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"créer un bain sensoriel, créer des états de contemplation, là où l’on attend généralement des discours analytiques"
Rachid Ouramdane est un magnifique danseur… Il expérimente un corps polymorphe, métamorphosable à l’infini, une mémoire vive capable d’enregistrer, d’effacer ou de réinscrire des éléments de la réalité contemporaine. Cette fois, et en solo, entouré de films, de sons et de paroles documents, il explore les traces physiques que les systèmes politiques inscrivent dans nos mémoires. «L’histoire politique est indissociable des formes qui l’incarnent», et pour Rachid Ouramdane, cela donne une danse d’une très belle intensité.
"En lisant des livres d'histoire, on peut trouver des documents, des faits, mais ce n'est pas ce que nous avons vécu." Une phrase, persistante, que Rachid Ouramdane entend alors qu'il voyage sur les traces des violences militaires. Et effectivement, quel fossé entre vécu individuel et histoire officielle? Et que peut la danse que les livres d'histoire ne peuvent pas?
Les questions ne sont pas anodines pour qui montre le collectif au moyen du singulier. Ce sont celles qui innervent le corpus chorégraphique de Rachid Ouramdane depuis 13 ans et une quinzaine de pièces. Celles qu’il couvait déjà au coeur de l’association Fin Novembre, co-fondée avec Julie Nioche en 1996, celles qu’il développe, encore, depuis la création de la compagnie L’A. en 2007. Qu’elles concernent les récents bouleversements géographiques, les mouvements de populations ou les mutations engendrées par les nouvelles technologies, ses recherches visent à soumettre les identités contemporaines à la focale de la chorégraphie. À chercher à convertir au format scénique des témoignages collectés, pour la plupart, hors de l’enclos du studio de danse: c’était en 2001 De Arbitre à Zébra avec la communauté des catcheurs, lutteurs et boxeurs de la ville de Reims ou Surface de réparation, en 2007, avec 12 jeunes sportifs de la ville de Gennevilliers. Soit des séries de "portraits chorégraphiques" axés sur les relations souterraines qui lient les personnes à leurs pratiques. Des projets qui ne visent pas tant à esthétiser la pratique en question, à la « mettre en danse », qu’à en livrer un nouveau « montage ».
« Montage ». L’expression est appropriée pour qui accueille sous le vocable « danse », l’espace sonore, le bain lumineux et les outils vidéo. Au bord des métaphores (1999) inaugurait ce travail de friction entre les corps en scène et leurs captations vidéo, suivi depuis par + ou – Là (2002), qui interrogeait la « grammaire télévisuelle » ou Les morts pudiques (2004), sur la jeunesse et la mort, conçu sur des fragments d’histoires collectées sur le Net. Autant de créations qui, toutes, convergent vers un même souci formel : montrer un corps traversé par l’histoire des autres, qui imprime les spasmes de l’Histoire et enregistre les secousses du monde alentour. Des corps qui, tous, négocient l’espace avec des écrans vidéos comme autant de fenêtres sur l’extérieur, de prolongements du corps ou d’échantillon d’absences. Le travail de Rachid Ouramdane, c’est ainsi l’histoire de corps-archives, polyphoniques, souvent privés de visages – via casque de moto intégral, capuches, maquillage de clown ou tout avatar du masque qui entrave la stabilité de l'identité. La récurrence avec laquelle il s’empare de cette question identitaire – qu’elle soit sociale, géographique, culturelle – rappelle que le chorégraphe est issu de la seconde génération de l’immigration, né de parents algériens immigrés en France et que cette « troisième identité » hante son projet au point de donner naissance à Loin... solo aux teintes autobiographiques créé en 2008.
Depuis plusieurs projets, Rachid Ouramdane collabore au fil de ses voyages avec des documentaristes, et radicalise son questionnement sur les frontières entre danse et documentaire.
Avant de créer l’association L’A. en 2007 – lieu de réflexion artistique sur les identités contemporaines – le chorégraphe Rachid Ouramdane a notamment collaboré avec les artistes Emmanuelle Huynh, Odile Duboc, Hervé Robbe, Meg Stuart, Catherine Contour, Christian Rizzo, Jeremy Nelson, Alain Buffard, ou la chorégraphe Julie Nioche, avec laquelle il co-fonde l’association Fin Novembre en 1996. Les projets qu’il développe dès le début de son parcours s’inscrivent pleinement dans la période de bouleversement conceptuel que subit la danse au milieu des années 1990. Une période notamment marquée par les prises de positions d’artistes qui, à l’instar de Rachid Ouramdane, repensent les catégories d' « interprète » et de « chorégraphe », ou questionnent le mode de production et de circulation des œuvres. La nature performative de son travail l'amène à collaborer avec des structures culturelles traditionnellement dévolues aux arts visuels (le FRAC Champagne/Ardennes en 2001 dans le cadre de sa résidence au Manège de Reims de 2000 à 2004), et à résider de 2005 à 2007 à la Ménagerie de Verre à Paris, espace pluridisciplinaire dédié à la création contemporaine. Rapidement, les pièces de Rachid Ouramdane intègrent le support vidéo comme base de réflexion sur la mémoire corporelle. Elles témoignent également d'une démarche artistique spécifique, où la singularité d'une rencontre est envisagée comme facteur déterminant de chaque pièce. La fondation de la compagnie l’A., en 2007, acte d’un tournant notable dans son projet, qui s’articule désormais autour des frontières entre danse et documentaire. C'est à cette période qu'il entre en résidence au Théâtre de Gennevilliers. Il poursuit en même temps son association avec Bonlieu-Scène nationale d’Annecy, amorcée en 2005 et devient associé au Théâtre de la Ville en 2010.
En parallèle de ses projets de création, Rachid Ouramdane développe un travail de transmission et de rencontre. Il est régulièrement invité en France et à l’étranger pour diriger des ateliers de recherche artistique et modérer des rencontres d’artistes internationaux (Russie, Roumanie, Pays-Bas, Brésil, Etat-Unis...).
2012
Maison Folie / Le Manège, Mons - Belgique
Théâtre de la Ville - Les Abbesses, Paris
2011
Festival Dansem - Théâtre de la Minoterie, Marseille
Moving in November, Helsinki - Finlande
Dansens Hus, Stockholm - Suède
Wexner Center for the arts, Colombus - USA
Festival Crossing the line / New York Live Arts, FIAF, New York - USA
Theater Junction, Calgary - Canada
Festival Latitudes contemporaines, Lille
Festival Nouvelles, Pôle Sud, Strasbourg
festival extra-11, Bonlieu, Scène nationale Annecy
2011
Festival Crossing the line / New York Live Arts, FIAF, New York - USA
Théâtre Forum de Meyrin - Suisse
2010
Teatro La Alhondiga, Bilbao - Espagne
Teatro Alhambra, Grenade - Espagne
Teatro Central, Séville - Espagne
Festival Panorama, Rio de Janeiro - Brésil
Springdance Festival, Utrecht - Pays Bas
2009
MC2 : Maison de la Culture de Grenoble
Le Fanal, Scène nationale Saint-Nazaire
Théâtre de Gennevilliers, dans le cadre du Festival d'Automne, Paris
festival extra-09 Bonlieu Scène nationale Annecy
2012
Mercat de Les Flors, Barcelone - Espagne
2011
Auckland Arts Festival, Auckland City - Nouvelle-Zélande
2010
Festival International DANCE, Munich - Allemagne
Teater der Welt, Essen - Allemagne
Southbank Center, Londres - Royaume-Uni
Brighton Dome Festival - Royaume - Uni
TanzQuartier, Vienne - Autriche
Théâtres en Dracénie à Draguignan
Centre National des Arts, Ottawa - Canada
Harbourfront Centre, Toronto - Canada
Primavera dei Diritti, Festival de Bari - Italie
2009
Les Halles de Schaerbeck, Bruxelles - Belgique
IDanse Festival, Istanbul - Turquie
Festival Nottdance, Nottingham - Royaume-Uni
Forum Culturel, Meyrin - Suisse
Festival d'Avignon
Festival Open Look, Saint-Pétersbourg - Russie
Festival d'Athènes - Grèce
Dublin Dance Festival - Irlande
Montpellier danse
Laboral Escena, Gijon - Espagne
Festival BIPOD, Beyrouth - Liban
Théâtre de Gennevilliers
Teat
2008
Bonlieu Scène nationale Annecy
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